Les dents de lait

Les dents de lait par Helene Bukowski

Deux femmes vivent recluses dans une maison et son jardin en bordure de forêt. Il fait chaud, de plus en plus sec. Après la forêt, le fleuve, impossible à traverser depuis que les autres habitants du lieu ont décidé de détruire le pont pour se protéger du reste du monde et de ses dangers. Un jour, la plus jeune, Skalde, qui nous raconte l’histoire, trouve une enfant aux cheveux rouges et la ramène chez elle…

Autrice : Helene Bukowski

Éditeur : Gallmeister

L’avis de Laurence D.

Dans ce livre nous sommes plongés dans un décor post apocalyptique ou nous suivons la vie de deux femmes Edith et Skalde. Nous comprenons qu’elles sont mères et fille. Mais ce n’est pas leurs échanges, peu nombreux, ou leurs attitudes qui pourraient démontrer ce lien. La nourriture manque, il fait chaud, très chaud et toute la végétation sèche (et parfois non!), les couleurs changent même celles des pelages des animaux. Elles croisent peu de monde dans ce décor sec et aride même dans les sentiments. Il m’a fait un peu penser au roman «  Là ou chante les écrevisses » dans une vie faite de solitude, froide sans chaleur humaine mais aussi contenant de la maltraitance. On ne sait pas comment est né cet endroit et ce qui existe au-delà. On sait qu’il y avait un pont qui les reliait au reste du monde et qu’il a été détruit. Skalde, la fille, un jour, croise une enfant aux cheveux rouges au détour de sa promenade. Elle décide de l’accueillir chez « elles » mais on ne fait pas ce qu’on veut dans cet univers et cette décision change le peu d’intégration qu’elles avaient dans cette société. L’arrivée de Meisis va aussi changer les relations entre la mère Edith et la fille Skalde. La question à partir de ce moment-là est : vont-elles décider d’essayer d’échapper à ce territoire ?  

L‘avis de Claire L.

Ce roman, traduction réussie d’une autrice allemande, se lit presque d’une traite. Le suspens est maintenu du début à la fin. On y ressent l’oppression de la situation mais pas que, aussi une certaine fraîcheur de la part de la narratrice et de celle de l’enfant mystérieusement arrivée dans ce milieu post-apocalyptique. Le style est agréable, les dialogues sont bien répartis dans la narration. L’air de rien, l’autrice aborde plusieurs thèmes intéressants comme l’importance de l’écriture, l’altérité, la non-communication, la solidarité, la violence. Ils auraient pu être plus approfondis, dans un roman plus épais. Mais c’est une lecture que je recommande.

L’avis de Sophie G.

Roman initiatique à l’atmosphère inquiétante sur fond de dystopie environnementale. Les thèmes sont nombreux dans ce récit à la fois prenant et inquiétant où l’on découvre une société totalement repliée sur elle-même à travers les yeux de sa narratrice Skalde. Vivant isolée avec sa mère et une jeune inconnue, elle se trouve confrontée au regard de l’autre et à sa méfiance face à ce qui lui est étranger. Dans sa lutte quotidienne pour survivre, l’héroïne appréhende la brutalité de sa communauté quand elle ne souhaite que tolérance et respect.
Roman captivant mais dont le titre ne reflète malheureusement pas la portée universelle des thèmes abordés et dessert le côté fascinant de cette histoire étrange entre une mère et sa fille mais aussi entre des êtres qui sont prêts à tout pour survivre dans une ambiance de fin du monde. Premier roman de cette jeune autrice encore un peu superficiel et dans lequel la complexité des personnages n’est pas suffisamment aboutie mais dont l’écriture stimulante et prometteuse mérite d’être découverte.

L’avis de Gérard G.

Le dérèglement climatique n’est pas le sujet du roman, il en est le contexte inquiétant, qui va entraîner superstitions et peurs et justifier pour les habitants le replis sur soi, la coupure physique avec le reste du monde, et le rejet de « l’autre ». Cela ne vous rappelle rien ?
Hélène Bukowski va nous intéresser à la relation entre Skalde et sa mère Edith et entre elles et les autres habitants de cette contrée, qui voient dans la présence de cette petite fille un danger pour leur survie ! Malgré l’ambiance oppressante, la lecture de ce roman est agréable, les paragraphes sont courts, et l’auteure, en maintenant le suspense, nous donne envie de savoir ce qui va arriver.
C’est un premier roman à découvrir.

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